Lorsque la piscine Geerdegemvaart a définitivement fermé ses portes, Malines a perdu d’un seul coup une partie importante de ses installations de baignade. Les écoles, les clubs de natation et les habitants avaient besoin d’une solution de remplacement au plus vite. Attendre des années pour une nouvelle piscine n’était pas envisageable.
La solution n’a pas été mise en place en un seul lieu central. Malines a opté pour quatre piscines de quartier, réparties dans la ville et ses communes annexes. L’eau de baignade s’est ainsi rapprochée des personnes qui en ont besoin.
Le 30 juin 2026, la piscine Geerdegemvaart a définitivement fermé ses portes. Après plus de cinquante ans d’activité, le bâtiment était techniquement hors d’usage. Les fondations présentaient des signes de dégradation du béton, le permis d’exploitation environnemental arrivait à échéance et d’importants travaux d’entretien risquaient d’endommager les bassins.
Investir encore des millions dans des travaux de rafistolage n’offrait aucune garantie pour l’avenir. Une rénovation en profondeur aurait coûté encore plus cher et rendu la piscine inutilisable pendant des années.
Entre-temps, le projet Plopsaqua, qui devait remplacer Geerdegemvaart, avait lui aussi été abandonné. Malines se retrouvait donc confrontée à un problème bien concret : l’ancienne piscine était fermée, alors qu’une nouvelle solution permanente ne verrait pas le jour avant des années.
Ailleurs en Flandre également, les sites de baignade locaux sont mis à rude épreuve. Les piscines vieillissent, les listes d’attente pour les cours de natation s’allongent et ceux qui souhaitent construire une nouvelle piscine s’engagent dans un processus qui peut durer des années.
On ressent rapidement cette pénurie. Les écoles ont du mal à trouver suffisamment d’heures de natation. Les clubs cherchent des couloirs libres. Pour les personnes âgées et celles en situation de handicap, il est de plus en plus difficile de trouver un lieu de baignade accessible à proximité de chez soi.
Un enfant qui ne suit pas de cours de natation à l’âge de huit ans ne pourra pas rattraper ce retard aussi facilement par la suite. Le manque d’espaces aquatiques a donc des conséquences qui s’étendent bien au-delà de la période de fermeture d’une piscine. Les enfants ont moins d’occasions d’apprendre à bien nager, alors que la maîtrise de la natation est justement essentielle dans un pays parsemé de canaux, d’étangs et de plans d’eau.
La distance joue également un rôle. Se rendre en voiture à une piscine située dans la commune voisine est peut-être possible si l’on dispose d’une voiture et que son emploi du temps le permet. Pour de nombreuses familles, ce n’est pas aussi évident. Plus les lieux de baignade s’éloignent, plus le risque est grand que les cours de natation disparaissent également.
Malines n’a donc pas opté pour une seule solution située à l’autre bout de la ville. Swimwise a installé quatre piscines de quartier mobiles à différents endroits : près d’écoles, sur des sites sportifs et dans les communes périphériques.
Cela fait une différence notable. Les écoles n’ont plus besoin de traverser toute la ville en bus à chaque fois et les habitants trouvent des lieux de baignade plus près de chez eux.
Les piscines fonctionnent avec de l’eau de baignade naturelle sans chlore (ZUUVR) et sont équipées de vestiaires et de sanitaires. Elles sont également accessibles aux personnes à mobilité réduite. La grande différence par rapport aux infrastructures de piscine classiques réside dans la rapidité et la flexibilité : les bassins peuvent être installés en quelques mois, puis déplacés ultérieurement si les besoins évoluent.
Zennewater ouvrira ses portes le 28 septembre 2026 au KMTHC à Hombeek. Les élèves des écoles primaires De Esdoorn et Sint-Maarten seront les premiers à s’y baigner, en compagnie du maire Bart Somers et de l’adjoint au maire chargé des sports, Abdrahman Labsir.
Sur la piste de roller située à côté de la piscine fermée de Geerdegemvaart, un complexe double va voir le jour, ce qui en fera d’emblée la plus grande des quatre piscines de quartier. Un emplacement logique : de nombreux habitants de Malines avaient déjà l’habitude de venir s’y baigner.
Den Otter sera implanté en face du Cruyff-court à Otterbeek. Ce quartier disposera ainsi d’un lieu de baignade à proximité, sans que les habitants aient à se rendre à chaque fois dans une piscine plus éloignée.
La quatrième piscine sera construite sur le site de l’école supérieure Thomas More. À l’origine, le Winketkaai avait été retenu comme emplacement, mais le projet a été modifié à la suite d’une demande émanant du quartier.
C’est précisément là qu’une piscine mobile démontre toute sa flexibilité. Alors qu’un tel changement, dans le cas d’une infrastructure fixe, impliquerait rapidement l’ouverture d’un nouveau dossier, il a été possible ici de se rabattre rapidement sur un emplacement plus adapté.
Pour les écoles primaires, la pratique de la natation redevient beaucoup plus simple. Les piscines sont plus proches, ce qui réduit les trajets et permet de consacrer une part moindre du budget de l'école au transport en bus.
Les clubs de natation, les associations et les nageurs amateurs bénéficieront également de nouvelles possibilités. Les capacités disponibles ne sont plus concentrées en un seul lieu central, mais réparties dans différents quartiers.
Les piscines de quartier ne sont pas une solution définitive. Elles permettent à Malines de continuer à proposer des activités de natation aujourd’hui, tandis que la ville poursuit la mise en œuvre de ses projets structurels : le Nekkerpool en tant que piscine municipale et une zone de baignade permanente dans le Keerdok.
Ainsi, il n’est pas nécessaire de choisir entre attendre des années ou construire rapidement quelque chose qui ne sera plus nécessaire par la suite. Les piscines de quartier comblent justement ce vide.
La fermeture d’une piscine, c’est bien plus que la disparition d’un bâtiment. Pour les écoles, cela signifie des trajets plus longs. Pour les clubs, cela se traduit par une réduction des horaires disponibles. Et pour les enfants, cela peut tout simplement signifier qu’il sera plus difficile d’apprendre à nager.
Malines a choisi de ne pas attendre qu’une grande piscine soit à nouveau prête. La ville a acheminé l’eau de baignade vers quatre sites où elle peut déjà être utilisée dès aujourd’hui.
Parfois, la solution n’a donc pas besoin d’être plus grande. Mais elle doit être plus proche.
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